Le Capital-Lettres

11 10 2010

Elle me plaît, cette expression concoctée par Alain Etchegoyen* pour parler de la place des littéraires dans le milieu de travail : le « capital-lettres ».

Certes, nous, les littéraires, excellons souvent dans les communications, mais on aurait tort de nous cantonner à ce seul domaine. M. Etchegoyen démontre en effet l’extrême polyvalence que confère la formation littéraire. Car, les lettres sont plus une « discipline » qu’une « matière » : on en ressort avec une méthode de travail, qui peut ensuite être appliquée à une foule de domaines.

Outre leur maîtrise de la langue, les littéraires se distinguent notamment par leur rigueur, leur capacité d’analyse et d’abstraction, ainsi que leur aptitude à percevoir les complexités.

Littéraires, il est temps de rompre avec l’image du plumitif ou de la plumitive qui a la tête dans les nuages!

« Du poète maudit aux représentations chevelues, les littéraires n’en finissent pas d’être identifiés à des marginaux. La société se les paye comme un luxe, tribut obligé de la démocratie, des droits de l’homme et de la tolérance. Littéraires qui êtes aux cieux, restez-y et nous, nous resterons sur la terre où nous produirons les richesses qui serviront à vous subventionner. »

Le problème, c’est que nous-mêmes, littéraires n’avons pas assez confiance en la qualité de notre formation et sommes le plus souvent inconscients de nos compétences.

« Dans l’entreprise, tout commence et finit par des mots.  »

Un chapitre aborde la francophonie et l’influence des modèles anglo-saxons qui ont « pollué les esprits » au point que la France ne pense plus les affaires qu’en termes de « business ».

« Abandonner sa langue, tous les peuples le savent, c’est un peu perdre son âme. »

M. Etchegoyen se demande même si l’extension de la francophonie ne dépendrait pas désormais du développement économique du Québec. Il souligne au passage les pratiques avant-gardistes de l’Université Laval, qui allie lettres et relations publiques.

Le point de vue est très hexagonal, mais le propos quand même intéressant. J’en retiens qu’il faut priser les littéraires tant pour leur grande polyvalence que pour leur non-conformisme, qui engendre l’innovation.

* * *

* ETCHEGOYEN, Alain. Le Capital-lettres : des littéraires pour l’entreprise, Éd. François Bourin, 1990.

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